Crash en Ethiopie : l’Australie ferme aussi son ciel aux 737 MAX, Boeing sommé de réagir

Après la décision de Singapour ce mardi 12 mars 2019, précédée par celle d’autres pays lundi, c’est au tour de l’Australie de fermer son espace aérien aux Boeing 737 Max, après deux accidents mortels en moins de six mois impliquant cette nouvelle génération d’appareils. Un 737 MAX 8 de la compagnie Ethiopian Airlines s’est écrasé dimanche au sud-est d’Addis Abeba peu après le décollage, tuant les 157 passagers et membres d’équipage. Selon un témoin, Tegegn Dechasa, l’arrière de « l’avion était déjà en feu lorsqu’il s’est écrasé au sol ». C’est un autre exemplaire de ce modèle qui s’était abîmé en mer en Indonésie en octobre, entraînant la mort des 189 personnes à bord, là aussi quelques minutes après le décollage. Boycott des compagnies et des pilotes Du côté des compagnies aériennes, Ethiopian Airlines a immobilisé ses quatre autres Boeing 737 MAX 8, suivie de Cayman Airways (îles Caïmans), Comair (Afrique du Sud), Aeromexico (Mexique) et Gol (Brésil). Les pilotes de la compagnie argentine Aerolineas Argentinas ont annoncé, via leur syndicat, qu’ils refusaient de voler sur cet appareil jusqu’à recevoir « suffisamment d’informations et de garanties ». Cette nouvelle tragédie est un défi majeur pour le constructeur américain et a inquiété les investisseurs. Le titre Boeing a perdu 5,36% à Wall Street lundi. « Je pense que l’impact pour l’industrie est important. Nous avons un nouveau type d’appareil, qui n’a été en service que depuis deux ans et maintenant nous avons deux accidents dans des circonstances qui semblent similaires », a souligné Gerry Soejatman, un analyste de l’aviation de Jakarta interrogé par l’AFP. Après l’accident d’octobre en Indonésie, la compagnie « Lion Air avait déjà dit qu’elle envisageait d’annuler sa commande de 737 Max. Je pense que d’autres compagnies commencent à y réfléchir, même si elles sont encore loin de prendre cette décision », a-t-il noté. Le gouvernement malaisien a déjà indiqué qu’il allait réexaminer le carnet de commandes de la compagnie nationale Malaysia Airlines pour plusieurs Boeing 737 Max. Si les causes de ces accident ne sont pas encore connues, le crash de Lion Air en Indonésie a braqué l’attention sur les capteurs d’incidence (AOA) dont un dysfonctionnement peut conduire l’ordinateur de bord, pensant être en décrochage, à mettre l’appareil en piqué alors qu’il faudrait au contraire le redresser. Un constructeur stratégique Les 737 MAX 8 sont la locomotive des ventes et des bénéfices de Boeing. 350 exemplaires de cet avion, entré en service en mai 2017, volent actuellement. Et pour les Etats-Unis, « Boeing est stratégique. C’est un outil de commerce », souligne Michel Merluzeau, expert chez AirInsight. Sur le site du crash en Ethiopie, les enquêteurs de l’Agence éthiopienne de l’aviation civile ont été rejoints par une équipe technique de Boeing et par des enquêteurs américains des autorités de l’aviation civile. Les deux boîtes noires – l’une contenant les données techniques du vol et l’autre l’enregistrement des discussions et des alarmes dans le cockpit – ont été retrouvées lundi. Des victimes de 35 nationalités Le Kenya a été doublement endeuillé par le crash. Avec 32 ressortissants à bord, c’est le pays le plus touché par la tragédie, et Nairobi est aussi le hub régional des Nations unies, durement affectées par la catastrophe. Plusieurs délégués devant participer à la conférence annuelle du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), qui s’est ouverte lundi dans la capitale kenyane, se trouvaient à bord. Parmi les victimes onusiennes figurent six employés du PNUE, sept du Programme alimentaire mondial (PAM) et plusieurs du Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR). Les victimes du crash étaient de 35 nationalités différentes, selon des éléments provisoires de la compagnie aérienne: notamment 32 Kényans, 18 Canadiens, 9 Ethiopiens, 8 Italiens, 8 Chinois, 8 Américains, 9 Français, 7 Britanniques, 6 Egyptiens, 5 Allemands et 4 Indiens.

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